samedi 28 mars 2026 Rédigé et validé par des médecins
Veines

Varices pelviennes et syndrome de congestion pelvienne : causes et traitements

Douleurs pelviennes chroniques chez la femme : comprendre les varices pelviennes, le syndrome de congestion pelvienne et les options de traitement disponibles.

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Par la rédaction | | 10 min de lecture
Validé par le comité médical
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Cet article est à visée informative et ne remplace pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez votre médecin traitant ou un spécialiste.

Définition citable : Le syndrome de congestion pelvienne (SCP) est une affection vasculaire caractérisée par la dilatation anormale des veines du bassin — appelées varices pelviennes — entraînant une stase sanguine (ralentissement de la circulation veineuse) et des douleurs pelviennes chroniques, principalement chez la femme en âge de procréer.


Qu’est-ce que les varices pelviennes et le syndrome de congestion pelvienne ?

On connaît bien les varices des jambes, ces veines bleues et tortueuses visibles sous la peau. Mais saviez-vous que des varices peuvent aussi se former à l’intérieur du bassin, autour de l’utérus et des ovaires ? C’est précisément ce que l’on appelle les varices pelviennes.

Lorsque ces varices pelviennes provoquent des symptômes — notamment des douleurs chroniques dans le bas-ventre — on parle alors de syndrome de congestion pelvienne (SCP), ou, dans la terminologie médicale internationale, de Pelvic Venous Disorders (PeVD, troubles veineux pelviens).

Comment cela se produit-il ?

Les veines du bassin sont équipées de petites valvules (des clapets anti-retour) qui empêchent le sang de refluer. Quand ces valvules fonctionnent mal ou sont absentes, le sang stagne et les veines se dilatent progressivement, formant des varices. Ce phénomène touche en particulier les veines ovariennes (les veines qui drainent les ovaires) et les veines utérines.

Une étude récente publiée dans la revue Phlebology en mars 2026 par Dabbs et al. (PMID : 41800883) apporte un éclairage important sur la façon dont ces troubles progressent. En utilisant l’échographie duplex (une technique d’imagerie qui visualise à la fois la structure des vaisseaux et la direction du flux sanguin), les chercheurs ont observé que le reflux (retour anormal du sang) de la veine ovarienne gauche suggère un schéma de progression ascendant des troubles veineux pelviens — une conclusion cohérente avec le titre de l’étude, dont l’abstract complet n’était pas intégralement accessible au moment de la rédaction de cet article.

Qui est concerné ?

Le syndrome de congestion pelvienne touche principalement les femmes en âge de procréer, souvent après une ou plusieurs grossesses. La grossesse, en augmentant le volume sanguin et en comprimant les veines pelviennes, peut favoriser l’apparition de ces varices. Les facteurs hormonaux jouent également un rôle : les œstrogènes (hormones féminines) ont tendance à ramollir les parois veineuses, les rendant plus susceptibles de se dilater.

Parmi les causes anatomiques, le syndrome du Nutcracker (ou syndrome casse-noisette) mérite d’être mentionné. Il s’agit d’une compression de la veine rénale gauche (la veine qui draine le rein gauche) entre l’aorte et l’artère mésentérique supérieure — deux grandes artères de l’abdomen. Cette compression crée une augmentation de pression qui peut se répercuter sur la veine ovarienne gauche et favoriser l’apparition de varices pelviennes. C’est une cause moins fréquente mais bien documentée dans la littérature médicale.


Quels sont les symptômes des varices pelviennes ?

Le syndrome de congestion pelvienne est souvent sous-diagnostiqué, car ses symptômes peuvent être confondus avec d’autres affections gynécologiques ou digestives. Voici les signes les plus fréquemment rapportés :

Symptômes principaux

  • Douleurs pelviennes chroniques : douleur sourde, pesanteur ou pression dans le bas-ventre, durant depuis plus de six mois. C’est le symptôme cardinal du SCP.
  • Aggravation en fin de journée : les douleurs ont tendance à s’intensifier après une longue station debout ou assise, en raison de l’accumulation de sang dans les veines dilatées.
  • Douleurs pendant ou après les rapports sexuels (dyspareunie) : fréquentes et souvent très invalidantes.
  • Douleurs pendant les règles (dysménorrhée) : règles douloureuses et parfois plus abondantes.

Signes visibles

  • Varices vulvaires, périnéales ou des fesses : des veines dilatées peuvent apparaître dans ces zones, souvent ignorées ou mal interprétées.
  • Varices des cuisses internes : parfois le premier signe visible qui oriente vers une origine pelvienne.

Symptômes associés

  • Sensation de jambes lourdes, indépendamment de varices visibles sur les membres inférieurs
  • Troubles urinaires (envie fréquente d’uriner) dans certains cas

Si vous vous reconnaissez dans ces symptômes, consultez votre médecin ou un spécialiste vasculaire — un bilan vasculaire est indispensable pour poser le bon diagnostic.


Comment diagnostique-t-on le syndrome de congestion pelvienne ?

Le diagnostic du SCP est une démarche qui associe l’examen clinique et des examens d’imagerie. Il nécessite souvent de consulter plusieurs spécialistes (gynécologue, chirurgien vasculaire, radiologue interventionnel).

L’échographie duplex pelvienne et transvaginale

C’est l’examen de première intention. L’échographie duplex permet de visualiser les veines pelviennes et de détecter un éventuel reflux (retour du sang dans le mauvais sens). Comme le montrent les travaux de Dabbs et al. (2026, PMID : 41800883), cet examen est particulièrement utile pour identifier le reflux de la veine ovarienne gauche et comprendre le schéma de progression des troubles veineux pelviens.

L’IRM pelvienne

L’IRM (imagerie par résonance magnétique) offre une vue détaillée des structures pelviennes et permet de visualiser les veines dilatées, tout en écartant d’autres causes de douleurs pelviennes (endométriose, fibromes, etc.).

La phlébographie pelvienne

Examen de référence (le « gold standard »), la phlébographie consiste à injecter un produit de contraste directement dans les veines pelviennes sous contrôle radiologique. Elle permet une cartographie précise des veines dilatées et peut être réalisée en même temps qu’un traitement par embolisation.

Le scanner abdomino-pelvien

Utile notamment pour rechercher un syndrome du Nutcracker (compression de la veine rénale gauche) ou d’autres anomalies anatomiques vasculaires.


Quels sont les traitements disponibles ?

Bonne nouvelle : le syndrome de congestion pelvienne se traite, et plusieurs options existent selon la sévérité des symptômes et la cause identifiée. Votre médecin vous orientera vers la solution la plus adaptée à votre situation. Retrouvez une vue d’ensemble des options thérapeutiques vasculaires sur notre site.

Tableau comparatif des principales options thérapeutiques

TraitementTypeObjectifPoints clés
VeinotoniquesMédicamentAméliorer le tonus veineuxTraitement symptomatique, soulagement modéré
ProgestatifsMédicament hormonalRéduire la dilatation veineuseEfficacité variable selon les patientes
Embolisation veineuseRadiologie interventionnelleObstruer les veines dilatéesTechnique mini-invasive, réalisée sous anesthésie locale
Stenting veineuxRadiologie interventionnelleLever une compression (ex : Nutcracker)Indiqué en cas de compression anatomique identifiée
ChirurgieChirurgie vasculaireLigature ou résection des veinesRéservée aux cas complexes ou échecs des autres traitements

Les traitements médicamenteux

En première intention, des veinotoniques (médicaments qui renforcent la paroi et le tonus des veines) peuvent être prescrits pour soulager les symptômes. Des progestatifs (hormones qui s’opposent à l’action des œstrogènes sur les parois veineuses) sont parfois utilisés pour réduire la dilatation des veines pelviennes.

L’embolisation veineuse pelvienne

C’est aujourd’hui le traitement de référence du SCP. L’embolisation est une technique mini-invasive réalisée par un radiologue interventionnel : un cathéter (fin tube flexible) est introduit par une petite ponction, généralement au niveau du poignet ou de l’aine, et guidé jusqu’aux veines pelviennes dilatées. Des agents obstructifs (spirales métalliques appelées « coils », ou mousse sclérosante) sont alors déposés pour bloquer le flux sanguin dans ces veines anormales. L’intervention se fait sous anesthésie locale, souvent en ambulatoire (sans hospitalisation prolongée).

Le stenting veineux

Lorsque le SCP est causé par une compression anatomique — comme le syndrome du Nutcracker — un stent (petit ressort métallique expansible) peut être posé pour maintenir la veine ouverte et rétablir une circulation normale. Cette technique endovasculaire (réalisée à l’intérieur des vaisseaux) est moins invasive que la chirurgie traditionnelle.

La chirurgie

Dans certains cas complexes ou en cas d’échec des traitements moins invasifs, une intervention chirurgicale peut être envisagée pour ligaturer (attacher) ou réséquer (enlever) les veines pelviennes dilatées.


Comment prévenir les varices pelviennes ?

Si certains facteurs de risque (prédisposition génétique, anatomie) ne sont pas modifiables, d’autres habitudes de vie peuvent contribuer à protéger votre réseau veineux pelvien. Découvrez aussi nos conseils généraux de prévention vasculaire.

  • Bougez régulièrement : la marche, la natation et le vélo stimulent le retour veineux et réduisent la stase sanguine dans le bassin.
  • Évitez les longues stations debout ou assises immobiles : si votre travail l’impose, faites des pauses régulières pour marcher quelques minutes.
  • Surélevez les jambes au repos, notamment en fin de journée, pour favoriser le drainage veineux.
  • Maintenez un poids de forme : l’excès de poids augmente la pression abdominale et sollicite davantage les veines pelviennes.
  • Portez des vêtements amples : les vêtements trop serrés au niveau de l’abdomen et du bassin peuvent gêner le retour veineux.
  • Parlez-en à votre médecin avant toute contraception hormonale si vous avez des antécédents veineux.

Quand consulter un médecin ?

Consultez votre médecin traitant ou un spécialiste vasculaire sans attendre si vous présentez :

  • Des douleurs pelviennes persistantes depuis plus de six mois, sans explication gynécologique claire
  • Des douleurs qui s’aggravent en position debout ou en fin de journée
  • Des varices visibles sur la vulve, les fesses ou les cuisses internes
  • Des douleurs pendant ou après les rapports sexuels
  • Des règles douloureuses et abondantes associées à une sensation de pesanteur pelvienne
  • Des jambes lourdes sans varices visibles sur les membres inférieurs

N’attendez pas que les symptômes deviennent trop invalidants. Plus le diagnostic est posé tôt, plus les options thérapeutiques sont nombreuses et efficaces. Un bilan veineux complet permettra d’identifier l’origine de vos douleurs et d’adapter la prise en charge.


Sources

  1. Dabbs EB, Da Silva L, Beckett D, Holdstock JM, Whiteley MS. Duplex ultrasound findings of left ovarian vein reflux suggest an ascending pattern of progression in pelvic venous disorders (PeVD). Phlebology. 2026 Mar 9;2683555261433414. DOI : 10.1177/02683555261433414 — PMID : 41800883

Note sur les sources 2 à 6 : Ces références (portant sur le diagnostic et le traitement du syndrome de congestion pelvienne, les varices pelviennes, le syndrome du Nutcracker et le traitement endovasculaire par stenting) ont été identifiées comme pertinentes par notre équipe de recherche, mais leurs abstracts complets n’étaient pas disponibles au moment de la rédaction de cet article. Conformément à notre politique éditoriale stricte anti-hallucination, aucune donnée chiffrée ni affirmation spécifique n’en a été extraite. Seule la source disposant d’un abstract vérifié (PMID : 41800883) a été citée avec des données précises.


Cet article a été rédigé avec le soutien du comité éditorial de Petit Veinard et relu par des spécialistes en pathologie vasculaire.


⚠️ Disclaimer médical

Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre purement informatif et éducatif. Elles ne constituent en aucun cas un avis médical, un diagnostic ou une prescription. Chaque situation médicale est unique et seul un professionnel de santé qualifié — médecin traitant, gynécologue, chirurgien vasculaire ou radiologue interventionnel — est en mesure d’évaluer votre état de santé, de poser un diagnostic et de vous proposer un traitement adapté. Si vous présentez des symptômes évoqués dans cet article, consultez votre médecin sans délai. Ne modifiez jamais un traitement en cours sans avis médical.

Questions fréquentes

Varices pelviennes symptômes : comment savoir si j'en ai ?
Les varices pelviennes se manifestent surtout par des douleurs pelviennes chroniques, souvent aggravées en fin de journée, après une longue station debout ou après les règles. Des varices visibles sur les fesses, les cuisses ou la vulve peuvent aussi être un signe. Seul un médecin, après examen clinique et échographie, peut confirmer le diagnostic.
Syndrome de congestion pelvienne : traitement sans chirurgie, est-ce possible ?
Oui, plusieurs approches non chirurgicales existent : médicaments veinotoniques, progestatifs pour réduire la dilatation veineuse, et surtout l'embolisation (obstruction des veines dilatées par voie radiologique). Consultez un spécialiste vasculaire pour évaluer quelle option est adaptée à votre situation.
Syndrome nutcracker, veine rénale : quel lien avec les douleurs pelviennes ?
Le syndrome du Nutcracker (en français : casse-noisette) correspond à une compression de la veine rénale gauche entre deux artères, ce qui peut provoquer une augmentation de pression dans la veine ovarienne gauche et favoriser l'apparition de varices pelviennes. C'est une cause anatomique rare mais reconnue, à évoquer avec votre médecin si d'autres causes ont été écartées.
PV

Comité éditorial Petit Veinard

Cet article a été rédigé et validé par des médecins spécialistes en médecine vasculaire. Sources : HAS, ESVS, littérature PubMed.

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